Le revenu viable à Saguenay est de 32 000 $, selon une étude de l’IRIS
Chaque année, l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques du Québec (IRIS) établit le montant nécessaire pour sortir de la pauvreté. Dans sa plus récente étude, elle établit le montant du revenu viable dans sept villes du Québec, dont Saguenay. À Saguenay, l'IRIS estime le revenu viable à 32 000 $ pour une personne seule, à 55 000 $ pour un parent et son enfant et à 75 500 $ pour une famille de quatre. L’écart est important avec des villes comme Montréal et Québec, où le revenu viable pour une personne seule s’établit à 40 000 $ et à 35 800 $ respectivement. L'IRIS base ses calculs sur le coût de différents biens et services, dont l'alimentation, le transport et le logement. Selon l'institut, à Montréal, une ville où le coût de la vie est plus élevé qu’au Saguenay, il faut gagner 28 $ de l'heure pour obtenir un revenu viable, un taux bien inférieur au salaire minimum qui passera à 16,10 $ de l’heure à compter de jeudi. À Saguenay, l'IRIS estime le revenu viable à 32 000 $. Photo : Getty Images / joshlaverty C'est toutefois ici que le coût de l'alimentation est le plus élevé, soit environ 17 500 $ par année pour une famille de quatre, comparativement à 16 767 $ pour une famille établie à Montréal et à 15 922 $ si vous vivez à Trois-Rivières. Et à Saguenay comme ailleurs au Québec, le prix du logement ne cesse de grimper à des taux beaucoup plus élevés que l’inflation. Le montant annuel qui y est consacré reste cependant parmi les plus bas de la province à Saguenay, soit 14 891 $ pour un ménage de deux adultes et deux enfants. À titre comparatif, il en coûte en moyenne près de 25 000 $ pour une famille de quatre personnes résidant à Montréal. Une allée d'épicerie Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes Le Service budgétaire et communautaire de Chicoutimi est également préoccupé par la situation. Par ailleurs, les dépenses en transports ont diminué notamment en raison de la stabilisation du marché du véhicule usagé et la diminution de l'inflation.On a de l'argent pour les imprévus. On a de l'argent pour participer socialement à sa communauté, mais ça demeure une vie qui est modeste, qui est décente, mais qui reste modeste. On n'est pas encore rendu à la classe moyenne
, explique la chercheuse de l’IRIS, Ève-Lyne Couturier.
Pour ce qui est des familles de deux adultes et deux enfants avec une seule voiture ou les personnes seules qui n'ont pas besoin d'avoir une voiture, on réussit à avoir un coût de la vie parmi les plus bas des sept villes où on a fait le calcul. Il y a juste la ville de Trois-Rivières où c'est plus abordable qu'à Saguenay
, énonce Mme Couturier. Les prix des logements grimpent plus vite que l’inflation
C'est préoccupant parce qu'on se retrouve à avoir des hausses importantes de loyer année après année qui dépassent l'inflation et qui dépassent aussi la recommandation du Tribunal administratif du logement
, dénonce Mme Couturier.
Les loyers sont très dispendieux, même au niveau de l'achat, les maisons sont très dispendieuses et il y a une volatilité. Les maisons se vendent très rapidement, donc c'est vraiment un enjeu pour les gens de se loger et ça me préoccupe
, a réagi la directrice de l’organisme, Julie Bilodeau.On rentre dans des périodes de grande insécurité politique et économique, donc ces constats-là qu'on peut faire au début de 2025 ne sont pas nécessairement les constats qu'on va faire à la fin de 2025
, a rappelé Ève-Lyne Couturier.
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